Association des Amis du Patrimoine Historique Turbomeca
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Les grandes étapes technologiques et humaines

 

1978 - 1987

La création de TM USA

Nous fêtons cette année le 38ème anniversaire de la création de la filiale américaine de Turbomeca, TMUSA à Grand Prairie, dans la grande zone urbaine de Dallas au Texas. Initialement, elle portait le nom de TEC pour Turbomeca Engine Corporation. Pour évoquer cette création, personne d’autre que Gérard Seguela n’était mieux placé. C’est lui, en effet, qui eut la mission, en 1979, de créer cette structure pour assurer le support des moteurs Turboméca aux Etats-Unis. Voici donc, basé sur le témoignage de Gérard, l’histoire de la fondation de TMUSA.

D’abord, il y eut ATEC

 

On se souvient qu’en 1951 la société Continental avait acheté les droits des moteurs Turbomeca pour les Etats-Unis. Cet accord avait été prolongé en 1961 pour cinq ans, mais en 1966 Joseph Szydlowski avait décidé de ne pas poursuivre cette collaboration. Il s’ensuivit un vide de quelques années durant lesquelles Turbomeca ne fut pas présent directement aux Etats-Unis. En 1972, les premières ventes d’hélicoptères français en Amérique du Nord, l’intérêt porté par la société Amtrak pour les turbotrains et leurs moteurs Turbomeca, les réflexions engagées sur le rachat éventuel du motoriste américain Franklin, amènent Joseph Szydlowski a envisager de monter une société locale. En mars 1973, le Ministère de l’Economie et des Finances autorise Joseph Szydlowski à créer une société aux Etats-Unis, dénommée American Turbomeca Engine Company, Inc. (ATEC) au capital initial de 1 500 000 $ en 1500 actions de 1000 $. Son objet : « Service après-vente des moteurs vendus aux Etats-Unis par la société Turbomeca et le cas échéant, des hélicoptères vendus par la SNIAS. ». ATEC est donc fondée en 1973 avec quatre actionnaires : Joseph Szydlowski (1230 actions, Dorothée Wittwer (90 actions), Sonia Meton (90 actions) et la société américaine Hudson Trading & Investing Corp. (90 actions). C’est donc une société indépendante de Turbomeca, localisée dans l’Etat du Delaware. Cet état est choisi car il autorise la tenue des conseils d’administration à distance, sans présence physique des participants. En pratique ATEC n’aura pas d’activité réelle, car le support des moteurs Turbomeca installés sur les hélicoptères Aerospatiale qui opérent en Amérique du Nord sera effectué par Aérospatiale Helicopter Corporation (AHC). De ce fait, en 1975, est effectuée une réduction du capital d’ATEC, qui est ramené à 150 actions détenues uniquement par Joseph et ses filles.

Pendant ce temps, Gérard

 

Gérard est né en 1948, l’année des 10 ans de Turbomeca. Il fait partie de la dernière promotion parisienne de Sup’Aéro (Promo 1970), avec Claude Delamasantière qui sera Directeur technique et Directeur Général Adjoint de Microturbo et Henri Sala qui sera Directeur Général Adjoint de Turbomeca. Après un service militaire effectué au CEL  à Biscarosse, il intègre en 1971 le Service des Champs de SNECMA au sein de la Direction Après-Vente Militaire. Il est envoyé à Istres pour le suivi des moteurs affectés aux essais en vol Dassault (ATAR 9K50, Larzac, ATAR 8K50, M53). L’ATAR 8K50, installé sur le Super Etendard, lui vaudra un séjour de deux semaines sur le porte-avions Clemenceau. C’est son travail sur le Larzac, moteur construit en coopération SNECMA/Turbomeca, qui lui fait connaitre la firme béarnaise. En 1975, il est invité à boire le champagne sur le stand Turbomeca au Salon du Bourget et fait la rencontre de Gérard Pertica, Directeur Général Adjoint. Il apprend que Turbomeca s’est engagé à renforcer son Service Après-Vente (SAV) par l’embauche de deux ingénieurs (à l’époque, aucun ingénieur ne travaillait au SAV, composé essentiellement de mécaniciens et de techniciens). Ces deux ingénieurs seront Gérard Seguela et Jean Meliet passé par le CNAM. C’est ainsi que Gérard fait son entrée à Bordes le vendredi 1er avril 1976. Le SAV était alors localisé à Bordes, rattaché à la Direction Technique et son chef n’était autre que son créateur, Bernard Peru. Après un stage au montage Turmo, Gérard est envoyé pour un stage à l’antenne Turbomeca de Marignane où il reste jusqu’à la fin de l’année. Début 1977, lors d’un retour de réunion à Marignane avec le Nord 260, il apprend de Gérard Pertica qu’il est envisagé de lui donner pour trois ans la responsabilité de l’antenne marignanaise. Trois ans, c’est trop long pour Gérard qui négocie une seule année. Il rentre donc à Bordes fin 1977 où il s’occupe des premiers dépannages Arriel, alors en début de mise en service.

La fondation de TEC

 

Début 1979, Turbomeca est présent pour la première fois au Salon HAI aux Etats-Unis (à l’époque on parlait de HAA, pas encore de HAI). Une maquette Arriel est exposée et Gérard est désigné pour tenir le stand avec Marcel Tavernier, le Directeur Commercial, et Guy Berbille, le technicien Après-Vente Turboméca auprès d’AHC. Marcel et Gérard profitent de cette occasion pour aller visiter la filiale américaine d’Aerospatiale, AHC (American Helicopter Corp.), qui construit des bâtiments à Grand Prairie suite au succès de la firme française auprès des US Coast Guard. Là, AHC se plaint amèrement du moteur Arriel. Il faut se rappeler qu’en 1979, l’Arriel avait une roue d’injection dont la vie était limitée à 500 heures et 1000 cycles. Comme pour remplacer cette pièce, il fallait démonter tout le générateur de gaz et repasser le moteur au banc après remontage, il était nécessaire de renvoyer le moteur en France. AHC souhaite donc que Turbomeca trouve une solution pour éviter ces transports transatlantiques.

De retour en France, Gérard fait son rapport et reprend ses activités à Bordes. Durant l’été 1979, il fait partie de l’équipe qui assure la permanence SAV durant la fermeture d’août. Gérard Pertica aimait bien passer régulièrement au SAV durant cette permanence. Surtout à l’heure de l’apéritif. Lors d’une de ces visites Gérard lui demande ce qu’il advient de la demande d’Aerospatiale. La réponse de Gérard Pertica est simple : « Tu es nommé responsable du projet d’implantation Turbomeca aux Etats-Unis ! ». En septembre, Gérard part donc pour son premier voyage de mise en place d’une entité de maintenance profonde outre-Atlantique.

Juridiquement, il est tout de suite clair que, pour des raisons fiscales, il n’est pas intéressant de créer un établissement Turbomeca. Il faut passer par une filiale. C’est alors que Joseph Szydlowski rappelle l’existence d’ATEC. La décision est prise de recapitaliser ATEC et de l’employer à ce pour quoi elle avait été créée. C’est donc ATEC qui va acheter le terrain et faire construire les bâtiments. En 1980, le capital d’ATEC est donc porté à 500 actions, soit 500 000 $. Les 350 nouvelles actions sont souscrites par Joseph Szydlowski qui, par ailleurs, accorde un prêt de 1 000 000 $ à ATEC pour développer les opérations. Car fin 1979, Gérard avait trouvé un terrain. Ce terrain n’est autre qu’une partie du terrain qu’avait acheté AHC à Grand Prairie. ATEC rachète donc 6,067 acres à AHC pour 250 000 $. Pour la construction, ATEC contracte avec la société US Lend Lease, filiale d’un groupe australien. Le contrat, d’environ 1 000 000 $, porte sur la totalité de la construction (bureaux, atelier et gros œuvre du banc d’essais). C’est un contrat à prix objectif. Si le coût réel est inférieur, la différence est partagée entre les deux parties. Evidemment quelques impondérables sont rencontrés : la crainte du bruit provoqué par le futur banc d’essais inquiète la municipalité et des engagements précis doivent être apportés après avoir planché plusieurs fois devant le conseil municipal ; la découverte d’une servitude liée au terrain (situé près d’un château d’eau) entraînera la construction d’une conduite d’eau traversant celui-ci. Mais, malgré ces aléas, la construction est achevée à la date prévue, fin août 1980, et pour un coût (hors de la conduite d’eau) inférieur au prix objectif.

Entre temps, la structure juridique avait évolué. En effet, quand Joseph Szydlowski eut connaissance des résultats prévisionnels de l’activité d’ATEC, il avait changé d’avis. Au démarrage d’une activité de support et de réparation, les premières années sont au mieux équilibrées. Il faut attendre que l’activité trouve son rythme de croisière pour qu’elle rapporte de l’argent. Or le Patron ne voulait pas qu’ATEC lui fasse perdre de l’argent, même temporairement. Il voulait toucher au moins ce qu’un placement bancaire équivalent à l’investissement réalisé lui rapporterait. Comme Gérard Pertica n’avait que peu apprécié l’idée de faire le support des moteurs au travers d’une société que Turbomeca ne contrôlait pas directement, il sauta sur l’occasion. Il est donc décidé de créer une autre société, TEC pour Turbomeca Engine Corporation, elle aussi localisée dans le Delaware. Les actions de cette société sont souscrites par Turbomeca et elle assure son activité dans les installations qu’ATEC lui loue. TEC est société d’exploitation, filiale de Turbomeca, payant un loyer annuel à ATEC pour le terrain et les bâtiments. De cette manière, ATEC n’est jamais déficitaire. Le loyer est calculé pour que l’investissement initial d’ATEC lui rapporte ce que lui rapporterait le taux bancaire. Mieux, comme les revenus d’ATEC proviennent d’un loyer et non d’un intérêt bancaire, la fiscalité est plus intéressante ! C’est ainsi que le 13 mai 1980 nait TEC qui deviendra TMUSA en 2003.

Si, entre septembre 1979 et juin 1980 Gérard partage son temps entre la France et les Etats-Unis, il déménage durant l’été 1980 outre-Atlantique. Le 2 septembre 1980, TEC commence officiellement les opérations. Ils sont alors quatre personnes : Gérard, Edouard Kling, le technicien après-vente qui avait succédé à Guy Berbille chez AHC, Robert Griggs, en charge de la logistique (transports, douane et magasin), et Terry, la secrétaire. Quelques jours après, Joseph Szydlowski vient visiter les locaux, alors seulement équipés de quelques meubles de bureaux prêtés par l’entreprise ayant construit les bâtiments. Fin 1980 le stock de moteurs et de pièces de rechange d’AHC est racheté, et après que l’inventaire en soit établi, celui-ci est complété par des matériels provenant de Bordes. TEC est alors autonome, l’aventure américaine peut commencer.

Gérard restera trois ans à diriger TEC et rentre en France durant l’été 1983. A son départ, la filiale comptait 14 employés. A noter qu’en 1981, Albert Ferriolo avait succédé à Edouard Kling comme technicien après-vente.

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